La Chine ébranlée par les tensions USA-Iran : une diplomatie fragile

Alors que le Moyen-Orient se prépare à un conflit potentiel entre Washington et Téhéran, Pékin tente de concilier ses intérêts économiques avec la nécessité d’éviter l’escalade. Des avions chinois auraient débarqué clandestinement en Iran, suscitant des questions sur les objectifs cachés de Pékin.

Depuis le rapprochement inédit entre l’Iran et l’Arabie saoudite sous l’accord de Pékin en 2023, la Chine a gagné une influence majeure dans la région. Cependant, cette position pourrait être compromise si les hostilités s’intensifient. Les liens entre Pékin et Téhéran restent solides sur le plan économique, avec des échanges massifs de pétrole et des projets d’infrastructure via les Nouvelles Routes de la Soie. En 2025, des discussions fréquentes ont eu lieu entre les dirigeants, préparant une célébration marquant le demi-siècle de relations diplomatiques en 2026.

Le comité trilatéral Chine-Iran-Arabie saoudite, réuni à Téhéran en décembre 2025, a renforcé l’engagement chinois dans la stabilisation régionale. Cette médiation illustre les ambitions de Pékin d’influencer l’ordre mondial sans recourir à la force. Face aux tensions entre Israël et l’Iran, la Chine a appelé à la prudence, mettant en garde contre des conséquences graves après des frappes israéliennes sur le territoire iranien.

Sur les questions de droits humains, Pékin a maintenu une position ferme d’intransigeance, votant contre une résolution de l’ONU condamnant la répression en Iran, tout en refusant toute ingérence étrangère. Les rumeurs sur des avions militaires chinois transportant du matériel vers l’Iran restent floues, mais les analystes suggèrent que Pékin pourrait être impliqué dans des livraisons discrètes.

Un conflit entre Washington et Téhéran menacerait directement l’économie chinoise, qui dépend de 20 à 25 % du pétrole transité par le détroit d’Ormuz. Une hausse brutale des prix du pétrole pourrait entraîner une inflation galopante et un ralentissement mondial. Les pays importateurs comme l’Europe ou l’Inde subiraient les effets, tandis que les producteurs pourraient tirer parti de la crise.

Dans ce scénario, Pékin pourrait saisir l’opportunité pour renforcer son influence économique en promouvant le yuan et des systèmes alternatifs de paiement. Cependant, la Chine privilégierait un conflit court pour éviter les dommages économiques majeurs. Sa stratégie repose sur une diplomatie ferme, une coopération accrue avec l’Iran, et une contestation de l’hégémonie américaine sans engagement militaire direct.

Dans un monde fragmenté, la crise iranienne testerait la capacité de Pékin à concilier ses ambitions mondiales avec la protection de ses intérêts économiques vitaux. Les avions chinois qui ont atterri en Iran en 48 heures restent une énigme, soulignant les tensions invisibles entre puissances rivales.