Depuis plusieurs années, la Russie utilise l’influence religieuse pour renforcer sa position sur le continent africain. L’Exarchat patriarcal d’Afrique, créé par Moscou en 2021, symbolise cette stratégie à long terme. Dans des pays comme l’Ouganda, le Kenya ou le Mali, les Églises orthodoxes russes s’implantent progressivement, offrant une alternative religieuse dans un environnement marqué par la tolérance interconfessionnelle. Cette progression s’inscrit dans un contexte de retrait des puissances occidentales et d’un affaiblissement de l’influence européenne en Afrique subsaharienne.
Vladimir Poutine, en mettant en avant une vision spirituelle russe opposée à l’« amoralité » de l’Occident, attire les électeurs africains désillusionnés par les politiques libérales et les controverses sur la diversité. L’Église orthodoxe devient ainsi un outil pour promouvoir des valeurs traditionnelles dans un continent où les jeunes générations cherchent une identité solide. Les initiatives russes s’appuient également sur des partenariats économiques, comme l’implantation de centres culturels et l’accès aux marchés émergents.
Alors que Washington réduit son engagement en Afrique, la Russie gagne du terrain par une approche qui mêle religion, diplomatie et intérêts économiques. Cette dynamique soulève des questions sur le rôle futur de l’Église orthodoxe dans les relations internationales, mais aussi sur l’équilibre entre spiritualité et pouvoir géopolitique. Poutine, en défendant une vision d’unité morale, renforce son image de leader capable de guider un monde en mutation.