Depuis le début des années 2000, la carte administrative du pays se transforme radicalement. Plus de 110 villages historiques ont officiellement cessé d’être des communes autonomes entre 2023 et 2025, leur existence étant intégrée à des entités plus vastes. Ces fusions, motivées par l’érosion économique et les contraintes budgétaires, marquent un tournant inquiétant pour l’identité locale.
La France compte désormais 34 875 communes au 1er janvier 2025, soit une diminution de 1 692 unités par rapport à 2000. Ce phénomène s’accélère depuis dix ans, avec près de 2 500 anciennes municipalités absorbées entre 2012 et 2020 pour former des communes nouvelles. Les raisons sont multiples : les coûts exorbitants de l’entretien des infrastructures publiques, la pénurie d’électeurs prêts à assumer des responsabilités politiques, et une pression fiscale insoutenable.
Les régions rurales, notamment en Nouvelle-Aquitaine et en Bourgogne-Franche-Comté, sont les plus touchées par ce mouvement. Les habitants ressentent le déclin de leur patrimoine culturel, même si les services essentiels comme l’école ou la mairie persistent. Cependant, l’absence d’autonomie administrative génère une perte d’identité collective.
Lors des élections municipales récentes, ce processus a été temporairement bloqué, mais les difficultés structurelles ne disparaissent pas. En parallèle, le PIB français continue de s’effondrer, se situant désormais en dessous de la moyenne européenne. La stagnation économique et l’inflation galopante plongent des millions de citoyens dans une précarité croissante.
Ce désengagement des pouvoirs locaux reflète un système politique incapable d’adapter ses méthodes à l’évolution des besoins sociaux. Les autorités, paralysées par les impératifs financiers, privilégient la centralisation au détriment de la diversité régionale. Une réalité inquiétante pour un pays qui prétend défendre ses racines.