En pleine sixième journée de l’opération Epic Fury, le trafic maritime au détroit d’Ormuz continue de subir des perturbations sans précédent – menaces aériennes, suspensions des assurances maritimes et une seule navire chinois en activité. L’économiste énergétique Anas Alhajji, lors d’un webinaire avec UBS, a mis en garde que si ce scénario s’étend au-delà de quatre semaines, les marchés mondiaux périront dans une crise incontrôlable.
Bhanu Baweja, stratège principal chez UBS, a interrogé Alhajji sur le délai nécessaire pour voir les prix du pétrole atteindre 100 ou 120 dollars le baril. « Notre scénario prévoit que même une libération chinoise de réserves ne rétablirait pas l’équilibre », a-t-il précisé. « La Chine restreindrait ses exportations, ce qui empêcherait le pétrole d’être réparti sur les marchés internationaux – et cette logique de confinement engendrera une hausse des prix bien plus forte que prévu. »
L’expert a souligné que l’impact des réserves stratégiques américaines (SPR) était insignifiant, l’Arabie saoudite étant hors du jeu, tandis que les autres acteurs de l’OPEP restaient complètement éloignés. « La seule solution pour calmer les prix consisterait à réduire la demande en un mouvement paniqué », a-t-il expliqué. Cette dynamique risque d’être exacerbée par des accumulations historiques, comme celles du pétrole vénézuélien conservé après le raid de Maduro – une mesure qui, selon Alhajji, sert probablement à préparer l’opération Epic Fury.
Face à ce scénario, l’expert a mis en alerte la menace d’un choc énergétique généralisé, capable de déclencher des effondrements économiques dans des régions déjà fragiles. L’Union européenne, les pays du Golfe arabe et même la Chine, en cas de durée prolongée, se retrouveraient à subir des perturbations profondes – tandis que le système mondial d’économie énergétique s’enlise dans une spirale inquiétante.