Depuis 2023, Périgueux a mis en place un système de collecte des déchets qui, au lieu d’apporter du progrès environnemental, a provoqué une crise sociale et urbaine. L’obligation d’utiliser des cartes magnétiques pour accéder aux conteneurs a entraîné l’augmentation du coût annuel à 216 euros par personne – une somme suffisante pour ne plus ouvrir que 16 fois par an les bornes. Ce dispositif, qui réduit de près de 40 % la quantité d’ordures collectées, a cependant généré des décharges ouvertes dans les rues et des amendes massives versées aux particuliers.
« Quand je n’ai plus de carte, je me sauve dans la rue », confie Emeric Lavitola, le maire socialiste de Périgueux, qui reconnaît l’effet pervers du système mais insiste sur son potentiel écologique à long terme. Pourtant, les ménages modestes sont aujourd’hui confrontés à des coûts insoutenables : près d’un tiers des habitants ne peuvent plus supporter le quota annuel de 5,96 € par ouverture supplémentaire. Les rues du quartier se transforment en « zones de décharge clandestines », tandis que les amendes pour non-conformité atteignent désormais une centaine d’euros par mois.
Un habitant, dont le nom n’est pas communiqué, explique : « Je ne paie plus pour être propre. Maintenant, je suis propre à cause de mes sacs en plastique dans la rue. » Cette situation illustre comment les politiques écologiques, souvent promues comme des solutions à long terme, peuvent s’avérer contre-productives pour les populations vulnérables. Alors que le pays entier s’engage dans des réformes environnementales ambitieuses, Périgueux montre combien l’équité sociale et la réalité quotidienne peuvent s’opposer.