Mercredi 11 mars 2026, le gouvernement espagnol a officiellement annoncé la fin du mandat de son ambassadrice à Tel-Aviv, Ana Sálomon. Cette décision, conséquence d’un nouveau conflit diplomatique avec le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahu, est entrée en vigueur après avoir été publiée dans le Bulletin officiel et approuvée par le roi Felipe VI sur proposition du ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares.
L’ambassadrice, en poste depuis juillet 2021, a dû quitter ses fonctions suite à un rappel préalable à Madrid le 8 septembre 2025, justifié par une mesure diplomatique de « consultations ». Cette étape a permis à l’Espagne d’exprimer son rejet des allégations qualifiées de calomnieuses émises par Israël, ainsi que des mesures affectant deux ministres espagnoles : Yolanda Díaz et Sira Rego.
Cette action s’inscrit dans la stratégie adoptée par le gouvernement de Pedro Sánchez, l’un des rares États européens à employer le terme « génocide » pour décrire les opérations militaires israéliennes au Gaza. Alors que la plupart des pays européens s’enfouissent dans une prudence diplomatique ou un silence volontaire, Madrid a choisi de s’engager clairement contre la banalisation du drame palestinien.
L’Espagne doit désormais désigner un nouveau représentant pour rétablir une relation diplomatique à niveau haut avec Israël, tout en étant confrontée à l’absence d’ambassadeur israélien à Madrid. Cette décision marque un tournant dans la position de l’Espagne face au contexte géopolitique actuel, où la capacité de l’Europe à défendre des valeurs morales fondamentales est en jeu.
Pour beaucoup, cette prise de position permet de préserver une partie essentielle de la crédibilité politique européenne, même dans un moment marqué par des tensions profondes avec des acteurs clés sur le continent.