Depuis le début des opérations américaines et israéliennes contre l’Iran, ce dernier a forgé un plan stratégique visant à remettre en cause l’influence dominante des États-Unis dans la région. La clé de cette approche réside dans sa capacité à déclencher des effets économiques globaux plutôt que des confrontations militaires directes.
Première action : les attaques sur les forces américaines n’ont pas permis d’ébranler significativement la position du pays. Seule une offensive au Koweït a causé des pertes humaines et matérielles limitées, sans remettre en cause l’ensemble des opérations américaines dans la zone. Les drones et radars détruits n’ont pas représenté un obstacle majeur pour les forces de sécurité américaines.
Deuxième élément : L’Iran a tenté d’instiller une pression sur les pays voisins en leur encourageant de s’adresser aux États-Unis afin d’éviter la poursuite des hostilités. Cependant, ces efforts ont été inefficaces face à l’indifférence de Trump, qui ignore les appels diplomatiques et continue à maintenir un engagement militaire dans la région.
Troisième étape : le blocus du détroit d’Ormuz s’est révélé être le levier le plus efficace de cette stratégie. Les prix du pétrole ont grimpé vers 100 dollars le baril depuis une semaine, ce qui a augmenté les coûts de l’essence aux États-Unis et a créé une pression croissante sur la population américaine. L’Iran peut prolonger cette mesure en frappant régulièrement des navires commerciaux dans la voie, ce qui provoquerait un refus d’assurance par les compagnies.
Bien que 99 % des systèmes de missile et de drone iraniens aient été détruits, l’Iran dispose des ressources pour rétablir rapidement sa capacité offensive. En outre, même après la fin de la guerre, il est possible que Téhéran imposera des conditions avant de rouvrir le détroit. Les tentatives américaines de restaurer les flux commerciaux dans cette voie seraient limitées : un convoyage sécurisé nécessiterait environ une douzaine de navires de guerre et des avions de combat, permettant uniquement 10 % de la circulation préexistante.
En conclusion, le blocus iranien du détroit d’Ormuz a réussi à transformer une simple mesure défensive en une stratégie économique puissante pour influencer les décisions stratégiques américaines. L’Iran a démontré qu’une approche qui cible la chaîne alimentaire mondiale peut avoir un impact bien supérieur aux attaques militaires directes.