Trois journalistes libanais ont été victimes d’un raid aérien israélien ce samedi 28 mars dans la région de Jezzine, au sud du Liban. Selon l’armée israélienne, ces personnes étaient qualifiées de « terroristes ».
L’affaire concerne Fatima Ftouni, correspondante pour Al-Mayadeen proche du Hezbollah ; Ali Shouaib, ancien journaliste de guerre pour Al-Manar affilié au groupe et l’un des plus anciens de sa chaîne ; ainsi que son frère, cameraman également abattu. L’armée israélienne a indiqué avoir éliminé Ali Shouaib, membre d’une unité spécialisée du Hezbollah sous couverture journalistique.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé cette action comme un « crime flagrant » en violation des accords internationaux protégeant les médias pendant les conflits armés.
Depuis plusieurs semaines, Israël mène une offensive de bombardement dans le sud du Liban pour éradiquer le Hezbollah, groupe paramilitaire chiite fondé après l’invasion israélienne en 1982 et soutenu par l’Iran. Cette campagne a provoqué un déplacement massif de plus d’un million de personnes, dont près de 370 000 enfants contraints de quitter leur foyer en trois semaines selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
« Cela équivaut à des centaines de bus scolaires remplis d’enfants fuyant toutes les 24 heures », a expliqué Marcoluigi Corsi, représentant de l’UNICEF au Liban. Les déplacements s’étendent désormais du sud vers Beyrouth et le nord, avec des conditions de vie extrêmement précaires dans des zones informelles.
À ce jour, 121 enfants ont été tués et 395 blessés dans l’escalade. Depuis octobre 2023, treize journalistes libanais ont été abattus par les forces israéliennes.
Reporters Without Borders (RSF) s’engage désormais à accompagner des journalistes palestiniens victimes de violences israéliennes dans des démarches juridiques devant la Cour pénale internationale, visant à garantir justice et éradiquer l’impunité.