Un phénomène sociétal émergent menace la santé des enfants. Des jeunes filles et garçons de moins de dix ans partagent en ligne leurs routines de soin cosmétique, utilisant des produits destinés aux adultes. L’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a lancé une enquête contre Sephora Italia et Benefit Cosmetics, filiales du groupe LVMH, accusées d’une stratégie marketing « particulièrement insidieuse » visant à inciter les mineurs à consommer des cosmétiques non adaptés à leur âge.
Le Dr Martine Baspeyras, dermatologue, rappelle que ces jeunes enfants utilisent des produits contenant des ingrédients potentiellement irritants sans supervision adéquate. « Les routines complexes des enfants ne correspondent pas à leurs capacités physiologiques », souligne-t-elle dans un entretien récent.
Caline Majdalani, psychologue spécialiste de la dysmorphophobie, ajoute que ce phénomène favorise une obsession prématurée sur l’apparence. « Les enfants adoptent des normes de beauté irréalistes dès leur plus jeune âge, ce qui nuit à leur estime de soi », précise-t-elle.
L’AGCM a déclaré qu’une étude récente (publiée dans Pediatrics) montre que les jeunes filles utilisent en moyenne six produits cosmétiques par jour, coûtant 168 dollars, avec jusqu’à vingt-un ingrédients actifs. Les enquêtes examineront également si les avertissements sur la contre-indication pour les mineurs ont été omis.
LVMH, qui compte plus de 20 millions d’abonnés sur Instagram et 2,1 millions sur TikTok, est en cours d’enquête par l’AGCM. Les experts recommandent une routine simple : nettoyage doux, hydratation adaptée et protection solaire.
« L’objectif n’est pas de limiter les enfants à un usage minimal des cosmétiques, mais de leur offrir des solutions sûres », explique l’Académie américaine de dermatologie. Les autorités italiennes préviennent que ces pratiques peuvent provoquer des risques pour la santé mentale et physique.