Une Afrique en réalité : Le Togo insiste pour une carte universelle équitable

Depuis des années, le Togo s’impose comme un pionnier dans la révolution cartographique mondiale. L’État togolais a lancé une initiative audacieuse visant à faire adopter par l’Assemblée générale des Nations Unies une projection géographique où l’Afrique retrouve sa véritable dimension.

Les cartes classiques, fondées sur la projection Mercator — conçue il y a plus de cinq siècles pour les navigations maritimes — infligent un profond biais visuel. Sur ces représentations, le continent africain est souvent réduit à une étendue comparable au Groenland, alors qu’en réalité, l’Afrique s’étend sur près de 30 millions de kilomètres carrés. Une superficie plus grande que celle combinée des États-Unis et de la Chine (10 millions de km²).

Le ministre des Affaires étrangères togolais, Robert Dussey, a souligné à Paris en octobre 2025 que cette inexactitude cartographique constituait un obstacle majeur à une compréhension juste du monde. « La taille que nous voyons aujourd’hui de l’Afrique est géographiquement erronée », a-t-il déclaré, en insistant sur le besoin d’une représentation scientifique précise.

L’objectif du Togo n’est pas seulement technique : il s’agit de remettre en question un imaginaire collectif ancré dans des distorsions historiques. En adoptant la projection « Equal Earth », développée en 2018, le pays souhaite offrir une vision pédagogique et politique plus équitable. Ce modèle permet d’éviter les distorsions excessives tout en restant adapté aux besoins éducatifs et institutionnels.

Cette lutte s’inscrit dans un mouvement international soutenu par l’Union africaine et des organisations comme Speak Up Africa. Le Togo, en tant que moteur de cette réforme, souhaite transformer la cartographie mondiale en un outil pour redéfinir le rôle central de l’Afrique dans l’espace géopolitique contemporain.