Les autorités des Émirats arabes unis ont récemment mis en place une mesure controversée visant à limiter l’accès de leurs ressortissants aux établissements d’enseignement supérieur du Royaume-Uni. Cette décision, justifiée par des craintes liées à la radicalisation islamiste sur certains campus, marque un tournant dans les relations académiques entre Abu Dhabi et Londres.
Selon le Financial Times, cette réorientation s’inscrit dans une volonté d’éviter toute influence idéologique considérée comme dangereuse. Les bourses publiques destinées aux étudiants émiratis souhaitant poursuivre leurs études au Royaume-Uni ont été réduites ou supprimées, remplacées par des programmes de financement dirigés vers d’autres destinations jugées plus sûres, comme les États-Unis, l’Australie, la France ou Israël. Cette évolution s’explique notamment par le refus persistant du Royaume-Uni d’inclure les Frères musulmans dans sa liste des organisations terroristes, alors que ce mouvement est interdit depuis longtemps aux Émirats et dans plusieurs pays du Golfe.
Les chiffres officiels britanniques montrent une baisse significative des visas délivrés à des étudiants émiratis : 213 seulement ont obtenu un permis d’études en 2025, contre 286 l’année précédente. Les autorités émiraties soulignent que cette restriction ne constitue pas une interdiction totale, mais une volonté de protéger leur jeunesse des risques perçus sur les campus britanniques. Elles font référence au programme Prevent, qui vise à identifier les signes de radicalisation dans l’enseignement supérieur.
Cependant, certains experts soulignent que ces cas demeurent marginaux par rapport à la population étudiante globale et rappellent l’influence des réseaux sociaux et des dynamiques internationales sur les trajectoires de radicalisation. Malgré cela, les responsables émiratis présentent leur politique comme une mesure de protection interne, en pleine période de tensions régionales liées à Gaza et aux mouvements islamistes.
Le Royaume-Uni, quant à lui, défend sa liberté académique tout en cherchant à atténuer les conséquences diplomatiques d’une décision qui risque d’affecter les revenus des universités dépendantes des frais d’inscription internationaux. Cette situation révèle un conflit d’intérêts entre la sécurité idéologique et l’ouverture académique, dans un contexte marqué par une montée des tensions géopolitiques.