L’événement annuel des acteurs de la finance islamique à Paris a réuni des professionnels, entrepreneurs et experts autour d’un débat sur les modèles économiques alternatifs. Organisé par le département Finance islamique de Financia Business School, ce rassemblement a permis d’explorer les principes fondateurs de cette forme de finance, basée sur l’éthique et la transparence.
Boubacar Correa, ancien dirigeant de la Banque islamique du Sénégal, a souligné les bases de ce système : interdiction de l’intérêt (riba), partage des risques entre banques et clients, et rémunération en fonction des performances. Adnane El Gueddari, responsable d’Ummia Bank, a mis en avant le potentiel du marché français, notant que les valeurs de la finance islamique—refus de la spéculation, financement de biens tangibles—pourraient attirer un public plus large.
Kader Merbouh, directeur du département Finance islamique à Financia Business School, a insisté sur l’importance de la formation et de la diversité culturelle dans le développement de ce secteur. Il a également évoqué les défis liés à l’éducation financière, soulignant le besoin d’informer davantage sur des concepts comme la zakat ou l’épargne éthique.
Nasser Zammit, spécialiste en relations internationales, a encouragé une ouverture vers les modèles asiatiques et américains, tandis que Nasser Hideur de Al Salam Bank Algeria a rappelé le rôle historique de la France dans l’essor de cette finance avant un ralentissement.
Enfin, des entrepreneurs comme Samuel Badibanga Kamuleta ont évoqué l’émergence de fintechs alignées sur ces valeurs, tandis que Brahim Mizmani et Mickael Sadoun ont mis en garde contre les lacunes dans l’offre d’assurance et d’investissement.
Le gala a marqué un tournant pour la finance islamique en France, offrant un espace de dialogue et de projets structurés. Si des obstacles persistent, comme le manque de produits bancaires directement adaptés, l’esprit entrepreneurial et l’engagement des participants donnent une perspective optimiste pour l’avenir de ce secteur.