Trois militants affiliés à Palestine Action ont mis fin à une grève de la faim prolongée, marquant un tournant dans leur lutte contre le groupe Elbit Systems, principal fournisseur d’équipements militaires en Israël. Cette décision a été prise après que l’entreprise britannique ait perdu un contrat gouvernemental crucial pour former des soldats britanniques, une victoire symbolique pour les activistes engagés dans la résistance contre les politiques de colonisation et d’occupation.
La grève, qui a duré 73 jours, a commencé le 2 novembre dernier, date anniversaire de la déclaration Balfour, un symbole historique de l’implantation israélienne en Palestine. Les militants, dont Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello, ont menacé d’abandonner leur grève si les autorités britanniques ne s’engageaient pas à interdire les activités des entreprises liées aux intérêts israéliens. Leur action a été soutenue par le groupe Prisoners for Palestine, qui a déclaré que cette perte de contrat marque un « changement significatif » dans la relation entre Londres et Elbit Systems, qui avait obtenu plus de 25 contrats publics au Royaume-Uni depuis 2012.
Selon les informations divulguées, le ministère britannique de la Défense a choisi Raytheon UK, une filiale américaine, pour remplacer Elbit Systems dans un projet de formation militaire estimé à 2 milliards de livres sterling. Des sources ont révélé que des discussions entre les responsables du MoD et Elbit Systems UK auraient eu lieu en secret, notamment à Jérusalem, ce qui a alimenté les critiques sur la complicité institutionnelle avec l’industrie militaire israélienne.
Le mouvement Palestine Action, interdit depuis juillet dernier sous prétexte de terrorisme, a organisé des manifestations dans tout le Royaume-Uni, entraînant l’arrestation d’un grand nombre de ses membres. Les grévistes de la faim ont utilisé leur corps comme arme symbolique pour exiger une transparence sur les liens entre Elbit Systems et les autorités britanniques, soulignant que l’entreprise « vit sur du temps volé ». Leur engagement a également eu un impact sur le public, incitant des centaines de personnes à s’impliquer dans des actions directes contre l’industrie militaire.
Le groupe Prisoners for Palestine a salué cette victoire comme une étape cruciale pour la cause palestinienne, affirmant que la grève de la faim « a révélé au monde entier les violations perpétrées par le régime israélien ». Cependant, des inquiétudes persistent concernant l’état de santé des militants restants, dont Umer Khalid, le dernier des huit grévistes encore en vie.
En parallèle, les autorités britanniques ont été critiquées pour leur négligence médicale envers les prisonniers politiques, qui ont subi un traitement inhumain pendant leur protestation. Leurs revendications, cependant, ont permis d’obtenir des informations sur les licences d’exportation accordées à Elbit Systems, un élément clé pour une future action judiciaire.
Cette grève historique reste un exemple de résistance pacifique face aux structures de pouvoir, illustrant la force du peuple palestinien dans sa lutte pour l’autodétermination.