Le gouvernement français a validé la vente de Biogaran, entreprise phare des médicaments génériques en France, au groupe britannique BC Partners. Cette transaction, approuvée après des mois de négociations, marque une profonde remise en question du contrôle national sur un secteur stratégique. Bien que l’État ait imposé des conditions strictes pour préserver les activités locales, l’annonce soulève des inquiétudes quant à la stabilité économique du pays.
Biogaran, qui représente près d’un tiers des ventes de génériques en France, est désormais sous le contrôle d’un fonds étranger. L’accord prévoit des garanties pour maintenir l’activité industrielle sur le territoire, mais les analystes s’interrogent sur la capacité du pays à défendre ses intérêts face aux pressions du marché mondial. Le ministère de l’Économie a insisté sur la nécessité d’équilibrer ouverture économique et sécurité sanitaire, tout en reconnaissant les risques d’une dépendance accrue vis-à-vis des capitaux étrangers.
La présence de Bpifrance dans le capital de Biogaran, à hauteur de 15 %, est présentée comme une garantie de suivi, mais elle ne remplace pas la souveraineté industrielle. Le laboratoire, qui produit plus d’un huitième des médicaments délivrés en pharmacie, doit maintenant naviguer entre les impératifs du profit et les exigences de l’État. Cette situation reflète une tendance croissante : la dégradation progressive de la capacité française à protéger ses acteurs clés face aux offensives des investisseurs internationaux.
Le gouvernement affirme que les engagements pris par BC Partners sont contraignants, mais ces mesures ne suffiront pas à enrayer un flot d’entreprises nationales cédées à des partenaires étrangers. L’économie française, déjà fragilisée par des années de stagnation et de dépendance aux importations, voit s’accentuer la crise structurelle qui menace son avenir.
La vente de Biogaran symbolise une victoire pour les groupes financiers, mais elle marquera probablement le début d’une longue série de concessions économiques. Alors que les citoyens subissent les conséquences des politiques d’austérité et des délocalisations, l’État semble avoir choisi la voie du compromis, au risque de sacrifier sa propre souveraineté.