Le scrutin présidentiel portugais a dévoilé une dynamique inédite avec la qualification de André Ventura, figure centrale du parti Chega, pour le second tour. Ce dernier s’est positionné à la deuxième place avec 23,52 % des voix, dépassant d’importantes figures politiques comme João Cotrim Figueiredo et Henrique Gouveia e Melo. Le socialiste António José Seguro, lui, a décroché la tête du premier tour avec 31,11 %, ouvrant un face-à-face inédit entre une idéologie populiste de droite et les partis traditionnels.
Chega, parti classé comme « extrême droite », a vu son influence croître depuis 2019, passant d’un seul député à 60 sièges au Parlement, surpassant même le Parti socialiste (PS). André Ventura, ancien défenseur des valeurs antisystème, s’est progressivement concentré sur la réduction de l’immigration, notamment issue d’Inde et du Bangladesh. Cependant, les sondages indiquent une faible probabilité de victoire pour son mouvement au second tour, où le candidat socialiste semble bénéficier d’un soutien plus large.
L’élection se déroule dans un contexte politique marqué par la fragmentation des partis et l’absence d’une figure incontestée. Marcelo Rebelo de Sousa, président sortant, a maintenu une popularité solide malgré les défis du pouvoir. Son mandat s’achève alors que le pays se prépare à un scrutin chargé de tensions idéologiques, avec des électeurs confrontés à des choix radicalement opposés entre tradition et réforme.
Le second tour, prévu au 8 février, symbolise une étape critique pour la démocratie portugaise, où les enjeux économiques et sociaux se mêlent à des débats sur l’identité nationale. L’avenir du pays semble désormais dépendre de cette confrontation entre deux visions divergentes.