L’armée américaine a déclenché un tournant inédit dans la course aux technologies de défense en activant pour la première fois en situation de combat son système HELIOS, un laser à haute énergie de 60 kilowatts. Conçu par Lockheed Martin et ciblé spécifiquement contre les drones de guerre, les embarcations rapides et les missiles ennemis, ce système a été intégré progressivement aux navires américains depuis 2018.
Après avoir vu son premier déploiement sur l’USS Preble (DDG-88) en 2019, HELIOS a été récemment installé sur des destroyers de la classe Arleigh Burke dans le cadre du système Aegis anti-aérien. Son fonctionnement repose sur une double capacité : désorienter les cibles via des capteurs optiques aveuglants ou détruire leurs composants structurels par des dommages thermiques, provoquant un incendie complet.
Cependant, cette innovation soulève des défis majeurs en raison de sa dépendance énergétique. Les destroyers de la classe Flight III Arleigh Burke consomment une quantité électrique importante pour alimenter leur radar AN/SPY-6, ce qui réduit significativement les ressources disponibles pour le système HELIOS. Le contre-amiral Ronald Boxall, responsable des opérations de surface navale, a souligné que l’armée américaine doit choisir entre réduire l’utilisation du laser ou mettre en place une gestion énergétique extrêmement contrôlée. « La marine devra soit retirer quelque chose, soit affronter une révision radicale de la distribution de l’énergie », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle arme marque un cap dans la confrontation iranienne, tandis que les implications stratégiques pour la mer Méditerranée et le Moyen-Orient s’aggravent avec chaque utilisation.