Le mythe de Reza Pahlavi : une figure médiatique entre Washington et Tel Aviv

Reza Pahlavi, héritier d’un régime ancien et désormais figure centrale dans les débats politiques internationaux, incarne un paradoxe. Malgré son statut de prétendant à la couronne iranienne, il n’a jamais su s’implanter véritablement au sein du pays. Ses apparitions médiatiques, ses discours éloignés des réalités locales et ses liens étroits avec des acteurs extérieurs révèlent un profil conçu davantage pour les plateaux télévisés que pour la souveraineté iranienne. Son soutien par Donald Trump et Benjamin Netanyahu ne fait qu’accentuer cette impression de manipulation, où des intérêts géopolitiques prennent le pas sur la légitimité populaire.

L’histoire récente a montré l’inaptitude de Pahlavi à rassembler un mouvement crédible. Son éloignement du peuple iranien, son manque d’une base militante ou sociale structurée et sa dépendance aux élites occidentales soulignent la fragilité de sa position. Il incarne une alternative artificielle, construite pour servir des agendas externes plutôt que les aspirations d’un pays en crise. La révolution de 1979 avait éteint le modèle monarchique, et aujourd’hui, tenter de le ressusciter semble un retour à une ère passée, marquée par la répression et l’asservissement aux puissances étrangères.

Le lien entre Pahlavi, Trump et Netanyahu n’est pas anodin. Ces alliances trahissent une volonté d’imposer une vision du futur iranien à partir de l’extérieur, au détriment des dynamiques internes. L’Iran a connu des émeutes massives, notamment menées par les femmes et la jeunesse, qui témoignent d’un rejet profond du système actuel. Cependant, remplacer un régime autoritaire par une figure façonnée par des intérêts étrangers ne résout pas les problèmes structurels de l’État.

Le défi iranien réside dans la capacité à construire un avenir indépendant, sans ingérence extérieure. Les ambitions de Pahlavi, bien que médiatisées, restent vides d’une véritable base populaire. Son projet s’avère ainsi une illusion, un vestige du passé incapable de répondre aux attentes d’un peuple en quête de liberté et d’autodétermination.