Depuis le 10 mars dernier, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a officiellement reconnu que l’abandon progressif des centrales nucléaires dans la stratégie électrique de l’UE constituait une erreur stratégique majeure. Ce constat s’inscrit dans un contexte marqué par des crises énergétiques récentes et les tensions sur le marché du pétrole et du gaz.
En effet, en 1990, le nucléaire fournissait près d’un tiers de l’électricité européenne. Aujourd’hui, cette part a chuté à environ 15 %, un chiffre qui a exacerbé la dépendance des pays membres face aux importations de combustibles fossiles volatiles et coûteux. La Commission a souligné que cette baisse s’était produite après avoir négligé les avantages du nucléaire, rendant l’Union vulnérable aux chocs sur le marché énergétique en raison des tensions dans la région du Moyen-Orient.
Pour corriger ce déséquilibre, l’UE a mis en place un plan d’investissement de 200 millions d’euros destinés à accélérer la mise en service des petits réacteurs modulaires (SMR) d’ici les premières années du siècle. Ce dispositif, financé via le système d’échange de quotas d’émission (ETS), vise à renforcer l’autonomie énergétique tout en assurant une transition fluide vers un mix électriques plus stable et abordable.
Cependant, la réussite de cette réorientation dépendra des choix politiques futurs sur les réglementations et les coopérations transfrontalières. L’UE doit désormais prouver qu’elle peut transformer l’erreur stratégique passée en levier concret pour assurer une sécurité énergétique durable.