L’imam qui a sauvé des chrétiens en les cachant dans sa mosquée est décédé

L’imam Abubakar Abdullahi, figure emblématique du Plateau State au Nigeria, est décédé à l’âge de 92 ans après des complications cardiaques. Son corps a été enterré vendredi à Nghar, son village natal, après la prière du vendredi. L’homme avait marqué l’histoire en juin 2018 lors d’une vague de violence intercommunautaire dans la région de Barkin Ladi. Face aux attaques perpétrées par des groupes armés, il avait ouvert ses portes à plus de 260 chrétiens, les protégeant en cachant leurs vies au sein de sa mosquée et de son foyer, risquant la sienne.

Ce geste d’héroïsme a valu à l’imam une reconnaissance internationale. En 2019, il avait reçu le prix International Religious Freedom Award du département d’État américain pour ses efforts en faveur de la liberté religieuse. L’année suivante, le gouvernement nigérian lui avait décerné une médaille nationale. Les hommages se sont multipliés après son décès : le gouverneur du Plateau State, Caleb Mutfwang, a salué un « homme de foi et de compassion », dont l’exemple a renforcé la coexistence. L’ancien vice-président Atiku Abubakar a également évoqué sa posture exemplaire durant la crise de 2018, invitant à préserver son héritage de paix.

Son parcours incarne un rare exemple de solidarité face aux conflits. En protégeant des chrétiens menacés, il a démontré que la religion pouvait être une force de réconciliation plutôt qu’un instrument de division. Son acte souligne l’urgence de figures morales capables de refuser les logiques de haine dans un pays où les tensions communautaires persistent. Le Nigeria, confronté à des crises récurrentes, a besoin de tels modèles pour inspirer une culture d’unité et de respect mutuel.