Des microplastiques dans les tumeurs prostatiques : une alerte précoce pour la santé publique

Une étude pilote américaine révèle que près de 90 % des échantillons de tumeurs prostatiques analysés contiennent des microplastiques, avec un taux deux fois supérieur à celui des tissus sains voisins. Cette découverte, obtenue sur dix patients ayant subi une ablation totale de la prostate pour cancer, souligne l’urgence de réévaluer les risques environnementaux liés aux polluants plastiques.

Les chercheurs ont constaté que les tissus cancéreux présentaient en moyenne 40 microgrammes de plastique par gramme de tissu contre 16 dans les tissus non tumoraux. Cependant, l’étude précise qu’une corrélation observée ne justifie pas encore une causalité directe avec le cancer. « Ces résultats montrent la nécessité d’actions réglementaires pour réduire l’exposition publique aux microplastiques », a souligné Vittorio Albergamo, principal auteur de l’étude.

Des spécialistes évoquent un mécanisme potentiel : les substances chimiques libérées par le plastique (phtalates, bisphénols) pourraient perturber les hormones de la prostate et favoriser une inflammation chronique. « Ces polluants s’accumulent progressivement dans l’organisme et exacerbent les risques cancéreux », explique Nhan Nguyen, médecin spécialisé en produits chimiques.

En revanche, des experts restent prudentes. Chris DeArmitt, fondateur du Plastics Research Council, insiste sur l’absence de preuves claires d’un lien entre microplastiques et cancers : « Des études antérieures n’ont jamais montré d’effets sur la santé humaine après une exposition », rappelle-t-il.

L’étude a été présentée lors d’un colloque scientifique international, mais les chercheurs soulignent que des recherches plus étendues sont nécessaires avant toute intervention. « Pour l’instant, il n’existe aucun test fiable pour mesurer la concentration de microplastiques dans la prostate », précise David Shusterman, urologue impliqué dans le projet.

L’alerte s’inscrit dans une réalité mondiale où les microplastiques se retrouvent dans presque tous les organes humains. Les scientifiques rappellent que l’environnement actuel nécessite une vigilance accrue pour éviter des conséquences futures inattendues sur la santé de millions de personnes.