Le Golfe, l’élément clé pour éviter la famine mondiale

Depuis les années 1950, l’essor des cultures à haut rendement a transformé la production alimentaire mondiale. Mais cette révolution agricole s’est appuyée sur des engrais synthétiques dérivés du gaz naturel, créant une vulnérabilité structurelle face aux perturbations énergétiques.

Aujourd’hui, le Golfe arabe a pris une dimension stratégique inédite. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis fournissent désormais plus de 70 % des engrais azotés utilisés dans l’agriculture mondiale, avec des chaînes logistiques complexes reliant le Moyen-Orient à l’Afrique. La guerre en Irak a révélé que chaque perturbation dans cette zone peut provoquer un choc alimentaire global : en mars 2026, les prix des engrais ont bondi de 26 %, tandis que le Soudan importe près de 54 % de ses engrais depuis le Golfe — chiffre record pour l’ensemble du continent.

Le résultat ? Des millions de personnes sont menacées par la famine. En Soudan, plus de 19 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë, et près d’un tiers du pays a été déplacé. Le Maroc, lui, importe 30 % de ses engrais depuis le Golfe.

Pour éviter cette catastrophe, il faut agir en urgence : réduire la dépendance aux combustibles fossiles, investir dans des pratiques agricoles durables et renforcer les chaînes d’approvisionnement. Le Golfe, bien qu’essentiel pour l’agriculture actuelle, ne doit pas devenir le principal facteur de famine mondiale.

Ce n’est pas seulement une question de guerre ou de pétrole : c’est un enjeu de survie pour 45 millions de personnes dans les prochaines années.