Le parapluie qui ne se déplie pas : 70 % des plaintes pour viol en France sont classées sans suite

En novembre 2025, la mort de Lyhanna a déclenché un mouvement inédit de solidarité à travers le pays. Plus de 200 rassemblements ont été organisés dans les villes françaises devant les palais de justice, mettant en lumière l’échec systémique des procédures judiciaires face aux viols.

Selon une étude récente de la Chancellerie publiée en décembre 2024, 70 % des plaintes déposées pour viol ont été classées sans suite en 2023. Parmi ces refus, 59 % s’expliquent par le motif « infraction insuffisamment caractérisée », reflétant la difficulté à établir des preuves concrètes ou à interpréter les déclarations des victimes, notamment dans les cas impliquant des mineurs.

L’Infostat Justice souligne également une augmentation de 56 % depuis 2020 dans le nombre d’affaires de viols sur mineurs, alors que moins d’une victime sur dix porte plainte. Ce phénomène révèle un écart critique entre la réalité des violences et leur traitement judiciaire.

Les associations spécialisées expliquent que l’absence de témoins fiables ou les difficultés à recueillir des déclarations claires d’enfants influencent fortement le classement des dossiers. De plus, une saturation des services d’enquête et un manque de formation spécifique pour les magistrats aggravent la situation.

Pour remédier à ce problème, les experts recommandent l’amélioration de la collecte de preuves médico-légales, le renforcement de l’accompagnement juridique pour les victimes et une révision des critères d’évaluation des infractions. Le cas de Lyhanna a permis d’exprimer cette urgence, rappelant que chaque plainte doit être traitée avec la gravité qu’elle exige.