Michel Festivi, historien et avocat honoraire, dévoile dans son dernier ouvrage « Les Phalanges espagnoles » une analyse profonde de l’idéologie qui a émergé au sein de la société espagnole durant les années 1920-1930. Ce mouvement, né de la convergence entre des idées national-syndicalistes et un esprit espagnol distinct, n’a jamais parvenu à s’imposer politiquement, malgré ses ambitions révolutionnaires.
Contrairement aux modèles fascists italiens ou nazis allemands, les Phalanges ont cherché une troisième voie, mêlant la défense des classes laborieuses et l’éthique nationale. Pour y parvenir, ils s’inspiraient de philosophes comme José Ortega y Gasset et des courants allemands tels que le pensée de Heidegger. Cependant, ces idées ont été rapidement submergées par les divisions internes du mouvement, qui n’a jamais réussi à rassembler une majorité suffisante.
L’arrivée en puissance de la seconde république espagnole (1931-1936) a également joué un rôle décisif dans l’échec des Phalanges. Face à une intensification des tensions politiques et sociales, le mouvement a été progressivement étouffé par les répressions gouvernementales et la violence des factions gauches. La guerre civile (1936-1939) a marqué l’effondrement définitif de cette idéologie, qui a dû se fondre dans la FET de las Jons sous le régime de Franco.
Aujourd’hui, les traces historiques des Phalanges persistent principalement dans des cercles minoritaires, mais leur impact politique est presque nul. « Ce mouvement a montré que l’idéologie sans cohésion interne ne peut survivre », souligne Michel Festivi. Son livre, publié aux éditions Synthèse nationale, offre une vision claire sur les raisons profondes de cette défaillance.