Stockholm redéfinit la lutte contre les préjugés : l’arrêt du terme « islamophobie »

Le gouvernement suédois a officiellement mis fin à l’utilisation du terme « islamophobie » dans ses documents officiels, après une réflexion approfondie menée par la ministre des Affaires étrangères Maria Malmer Stenergard. En substituant ce concept vague par celui de « racisme antimusulman », l’État nordique souhaite mieux identifier les discriminations systémiques plutôt que les peurs individuelles, selon une distinction clé mise en avant dans son plan gouvernemental de décembre 2024.

Ce changement s’inscrit dans un processus historique : jusqu’en 2022, le terme « islamophobie » figurait dans des programmes nationaux, notamment un cadre d’action contre les crimes de haine. L’initiative a été relancée après une interpellation parlementaire du député Richard Jomshof, qui critiquait l’utilisation inadéquate de ce terme lors des négociations internationales.

Le gouvernement vise désormais à convaincre les partenaires européens avant d’étendre cette révision linguistique à l’ONU, avec une discussion prévue à Bruxelles en mai. Selon la ministre, « phobie » évoque des réactions personnelles, alors que le terme « racisme antimusulman » permet de décrire des structures discriminatoires au niveau collectif.

Cette décision marque un pas crucial dans l’effort de Stockholm pour clarifier les enjeux religieux et renforcer la légitimité des luttes contre les préjugés dans un monde de plus en plus diversifié.