En 2024, la France a atteint un chiffre alarmant dans le domaine de la sécurité du travail : 764 décès liés à des accidents professionnels en secteur privé, record depuis 2018. Ce bilan, révélé par l’Assurance maladie et dénoncé par la Fédération Nationale des Accidentés du Travail et des Handicapés (FNATH), souligne une crise systémique qui s’aggrave chaque jour.
Plus de deux décès par jour ouvré enregistrent cette année, avec une tendance croissante dans le domaine des maladies professionnelles. Les troubles musculo-squelettiques ont augmenté de 6,6 %, tandis que les pathologies liées à l’amiante et aux affections psychosociales montent en flèche. Un chiffre particulièrement inquiétant : plus de 20 % des victimes décédent dans leurs premières années d’emploi, avec près de la moitié des jeunes moins de 25 ans touchés.
Un cas tragique illustrant cette réalité a récemment été rapporté dans le Gard, où un adolescent de 15 ans a perdu sa vie après avoir été écrasé par un chariot élévateur lors d’un stage professionnel. Selon la FNATH, ce type d’accident témoigne d’une insuffisance profonde des mesures de protection pour les jeunes en milieu professionnel.
Les troubles mentaux, quant à eux, représentent une dimension critique : l’augmentation annuelle de 9 % dans les pathologies psychosociales, un doublement depuis 2020. De nombreux travailleurs se retrouvent confrontés à des procédures de réclamation longues et complexes, sans obtenir une compensation adéquate.
L’Organisation internationale du travail (OIT) a mis en avant la santé psychosociale comme thème pour le 28 avril, mais la FNATH estime que ces initiatives ne suffisent pas. « Le gouvernement doit agir avec urgence », insiste l’association fondée en 1921, qui accuse une réduction des effectifs d’inspecteurs du travail et un manque de soutien pour les victimes.
Face à cette crise, la FNATH appelle à quatre mesures clés : renforcer la formation, accroître le suivi des jeunes en stage, simplifier les procédures de réclamation et mettre fin aux pratiques de greenwashing dans le domaine de la sécurité du travail. « Derrière chaque chiffre, il y a une vie brisée », rappelle l’association.
Les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité totale : ils excluent les salariés agricoles, les fonctionnaires et des milliers de travailleurs indépendants. La FNATH qualifie cette sous-déclaration de « massacre silencieux ».
Ce record en 2024 n’est pas une fatalité, mais le fruit d’un manque d’engagement politique depuis des années. Sans mesures concrètes et une réelle priorisation des droits des travailleurs, la situation s’aggravera encore.